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Jardinier, Cordage, Epouvantail & Main Courante

Une exposition d'Anne Renaud et Benjamin Collet dans le cadre de la seconde invitation des Ateliers SUMO à Clermont-Ferrand

Le 21 janvier 2016

 

Hypnerotomachia Poliphili est un étrange traité d’architecture italien qui date de la Renaissance.

Alors que les Français en ont restitué une version tronquée et édulcorée au titre niaiseux: Le Songe de Poliphile, les Anglais, eux, ont eu le chic de garder le titre original souligné d’une traduction littérale plus inspirante: The Strife of Love in a Dream. Le combat de l’amour dans un rêve. Mais néanmoins il s’agit essentiellement d’architecture. Des monuments, des portails, des fontaines, des festivals et des processions, des plans de bâtiments et de jardins, des hiéroglyphes, des objets rituels, Poliphile découvre, traverse, décrit, pénètre, se perd et se laisse guider au milieu des chefs- d’oeuvres antiques qu’il prend soin de raconter avec force prolifération de détails et autres fantaisies suggestives.

Le contenu érotique, direct et efficace, quoique rempli de clichés, est parsemé de termes techniques empruntés à l’archi- tecture et à la botanique. Il s’agit d’un dialecte étrange, à la fois artificiel et populaire, une véritable contamination du langage technique.

En fait, Hypnerotomachia Poliphili est le premier exposé narratif qui présente une vision poétique introduisant une limite temporelle à l’expérience de l’architecture, soulignant que l’architecture ne parle pas seulement de forme et d’espace mais aussi de temps, de la présence de l’homme sur Terre.

Dans ce temps intermédiaire, qui est aussi celui de l’’expérience de la lecture et de ce qu’elle révèle au fil de son découvrement, le voyage onirique de Poliphile, son oeuvre virtuelle, n’est autre qu’un acte de séduction.

Laetitia Paviani,

 

Doucement, doucement (extrait) Revue Petunia n°3, juin 2011